Cédric BERENGER
Je dois beaucoup aux chevaux, notamment ma première rencontre avec le métier d’éducateur. Les propriétaires du petit centre équestre où je passais mes heures libres enfant, puis adolescent, avaient compris que l’animal est un incroyable vecteur de soin. Des séances de ce que l’on pourrait qualifier aujourd’hui de « médiation animale » étaient proposées aux institutions du coin. J’observais et parfois aidais ces enfants si différents de moi, leurs encadrants et le lien si particulier qui semblaient les unir.
C’est bien plus tard, alors étudiant en licence d’Histoire, mais sans réel projet professionnel qu’une conversation anodine avec ma meilleure amie m’ouvrit les yeux. Elle souhaitait devenir éducatrice spécialisée et passa des heures à m’expliquer sa démarche.
Quelques jours plus tard, une certitude s’imposa à moi : Ce n’était pas à la fac d’Histoire que j’inventerai mon avenir professionnel.
C’est ainsi que je rentrais en formation d’éducateur spécialisé. Là, ma chance a été de rencontrer des formateurs qui me permirent d’élaborer bien au-delà de l’acte éducatif et d’aborder des concepts qui façonnent encore ma pratique : écosystémie, pensée complexe, transdisciplinarité…
Mon chemin m’amena a très rapidement œuvrer en dehors des murs de l’institution dans des accompagnements de type SESSAD, au plus prés du réel des personnes, de leurs familles et de leurs environnements. Cette position m’amena à observer les écarts parfois importants entre les projets des institutions et la réalité des attentes des personnes.
J’ai pu quelques années associer ma passion du cheval à ma pratique professionnelle en devenant formateur pour de jeunes apprentis en situation de handicap, salariés dans des structures équestres de la France entière.
Puis, une opportunité. Je laissais pour un temps le champ de l’éducation spécialisée, pour m’envoler en Afrique de l’Ouest et renforcer une petite fondation ayant pour vocation l’accès à l’eau et à l’hygiène des populations sahéliennes les plus démunies.
Le confinement de 2020 entraîna mon retour précipité en Provence. Je retrouvai facilement un poste dans un Établissement d’Éducation Sensorielle, avec toujours cette fonction d’éducateur « hors les murs ». Deux ans plus tard j’y devins « facilitateur de parcours » ou pour être plus exact, coordinateur de projet. Cette nouvelle fonction me permit d’avoir une regard nouveau, plus affiné et bien plus réaliste sur la relation éducative, l’enjeu fondamental de l’Autodétermination des personnes et les contraintes inhérentes aux établissements médico-sociaux.
